vendredi 5 avril 2019

Le jardin extraordinaire de Max Sauze



Un extrait de l’émission « C’est le sud » du 19 mars dernier sur « Provence Azur » pour découvrir le Jardin extraordinaire d’Éguilles et vous donner l’envie d’y faire un tour. Poésie et détente vous y attendent. L’intégrale de l’émission en lien ici : https://www.provenceazur-tv.fr/cest-le-sud-le-190319/


mardi 6 octobre 2015

Adulescence #1


Un Chat 


Rencontré lors d'un semi hasard 
il fut étonné et moi de même. 
C'était un chat gris qu'on 
aurait trempé dans l'eau. 

Des larmes plein les yeux, 
il regardait le monde d'un œil 
maussade, ne sachant pas s'il fallait 
se défendre ni comment. 

Je le pris dans mes bras, 
je le caressai, puis je lui fit 
une toilette pour lui redonner 
l'éclat de la perle blanche. 

Je repeint ses yeux du bleu 
de la mer d'Iroise. 
Me voyant s'occuper de lui 
le chat ne comprenait pas. 

Il ne se croyais pas digne 
d'un tel intérêt, mais, 
il réalisa que l'attention que je lui 
accordai était amplement récompensée 
par la beauté de son poil et 
la pureté de ses yeux. 

?

jeudi 12 septembre 2013

Les rues de Paris ne sont plus sûres.

Dans certains quartiers chauds de la capitale, les arabes n'osent plus sortir tout seuls le soir.

Tenez, mon nouvel épicier, M. Rachid Cherquaoui, s'est fait agresser la nuit dernière dans le XVIIIème.
J'aime bien M. Rachid Cherquaoui. Il est arrivé dans le quartier il y a six mois.
Il venait de racheter le fonds de commerce de M. et Mme Lefranc qui périclitait.
Il faut dire que, pendant les heures d'ouverture de l'épicerie, Mme Lefranc se faisait pétrir par le boulanger.
Tandis que M. Lefranc en profitait pour aller boucher la bouchère.
Le reste du temps l'épicier se ratatinait sur des enfilades de ballons de muscadet, au Rendez-vous montmartrois de la rue Caulaincourt, en compagnie de M. Leroy, le boucher.
Les deux hommes s'estimaient mutuellement.
Outre qu'ils vaquaient aux mêmes trous, ils avaient en commun une certaine idée de la France faite à la fois de fierté municipale, de foie régional et de front national.
Une haine tenace pour les grandes surfaces, les étrangers et l'eau minérale les rapprochait encore.
Chaque soir, quand M. et Mme Lefranc réintégraient enfin leur commerce à l'heure de Collaro, ils se dépêchaient de fermer la boutique pour ne pas rater Bouvard.
Tant et si bien que les clients, lassés de poireauter aux poireaux, avaient fini par reporter leurs instincts légumiers crépusculaires vers le supermarché.
"Femme, dit un soir M. Lefranc, sur un ton solennel qui ne lui était pas coutumier, nous sommes pris à la gorge par les gros à la solde de l'étranger. Nous allons devoir vendre l'épicerie."
Mme Lefranc opina du sous-chef car c'était une femme réservée.
Hélas, l'épicerie, forcément, personne n'en voulait.

A quelque temps de là, alors qu'il glougloutait ses petits blancs en maudissant le Maghreb, Vichy St-Yorre et les établissements Mammouth, M. Lefranc vit venir à lui un petit homme bien mis, quoique de style relativement basané.
"Bonjour, monsieur, dit le petit homme. Vous êtes bien M. Lefranc?
- Qu'est-ce qu'il veut, ce melon? lança M. Lefranc, prenant la salle à témoin de l'outrecuidance de l'intrus.
- Je vous prie de m'excuser, mais je ne suis pas un melon. Je suis épicier, dit le petit homme. Je m'appelle Rachid Cherquaoui. J'ai vu que vous cédiez votre bail. Ça m'intéresse.
- Merde alors, dit M. Lefranc en tapant sur la table. Ça me ferait vraiment chier de voir un fainéant de bicot dans mon magasin. Plutôt crever."

Après s'être ainsi brillamment exprimé, M. Lefranc se dit qu'il ne tomberait jamais deux fois sur pareil gogo.
Le lendemain, en toute discrétion, il signait la cession de son bail à M. Rachid Cherquaoui.
Puis il prit le train à Montparnasse pour aller finir ses jours en Morbihan dans sa villa, Ker Mein Kampf en compagnie de Mme Lefranc qui se consolait de son ultime étreinte dans le pétrin en caressant déjà le projet de baratter le crémier de la rue du Varech de Quimperlot-les-deux-crêpes.
On n'entendit plus jamais parler d'eux.

Dans le quartier, nous sommes très contents du nouvel épicier.
Pour des fainéants, c'est incroyable de voir à quel point les épiciers arabes se lèvent tôt et se couchent tard. C'est à se demander quand ils regardent les jeux de 20 heures.
Pour nous, c'est vraiment pratique.
Le dimanche soir, par exemple, M. Rachid ne ferme jamais l'épicerie tant que le quartier n'est pas rentré de week-end, Dimanche dernier, je suis allé chercher une salade et un pain de mie à 9 heures du soir passées. C'était encore ouvert.
Il était en train de jouer aux dominos avec un autre Marocain qui lui ressemblait beaucoup.
"C'est mon frère Mohamed. Mohamed, je te présente un client très gentil." (Je suis très gentil.)
Je dis : "Bonjour monsieur Mohamed. Vous êtes aussi du quartier ?
- Oui, monsieur. Je viens de racheter la boucherie de la rue Lamarck.
- La boucherie de M. Leroy ?" Je m'étonnais que M. Leroy, qui avait la même fierté, le même foie et le même front que M. Lefranc, ait consenti lui aussi à céder son commerce à un individu de type non gaulois vachement prononcé.)
"Au début, il a fait des difficultés, reconnut M. Mohamed. Il a dit qu'il ne traitait pas avec les melons.
" Je lui ai dit : "Monsieur Leroy, on vous aura mal renseigné; je ne suis pas un melon, je suis blanchisseur."
" Il a gueulé : "Quoi, ma boucherie ? Pour en faire un pressing ? Y sont pas bien, ces ratons !"
" Et moi j'ai dit : "je ne suis pas un raton, monsieur Leroy, je vous dis que je suis blanchisseur. Raton laveur, à la rigueur si vous y tenez..." Alors bon, il m'a foutu dehors.
" On a signé le lendemain."

Je me rappelle que ce dimanche soir-là, avant de me laisser repartir avec mon pain et ma laitue, M. Rachid avait tenu à nous faire goûter un petit sancerre blanc de l'année, qu'il venait de recevoir. Encore un peu vert, mais très fruité.
Lui-même ne s'en était servi qu'un tout petit fond de verre, par politesse, pour trinquer.
Comme il dit : "Faut que je fasse attention.
Je suis moitié musulman, moitié diabétique."
Mais moi, je sais bien qu'il préfère les bordeaux rouges...

Ce matin, pour la première fois depuis six mois, le rideau de fer de l'épicerie Cherquaoui est resté baissé.
M. Mohamed, dans tous ses états, m'a appris que son frère venait d'être hospitalisé avec dix points de suture au visage.
Il avait été attaqué au couteau, à la nuit tombée. Par des inconnus.
Alors, M. Mohamed et moi sommes allés chez le fleuriste d'à côté faire l'acquisition d'une poignée d'anémones.
Et je l'ai accompagné à l'hôpital.

Les rues de Paris ne sont plus sûres...

PIERRE DESPROGES. 

dimanche 5 mai 2013

Couscous d'Agnès

Pour 6 personnes
  • 500 gr mouton (ce que tu as, collier, côtelette, gigot, épaule...)
  • 6 pilons de poulet
  • 1 oignon
  • 1 poivron rouge
  • 6 carottes
  • 250 gr de tomates en cubes
  • Épices à couscous : 4 cuillères à soupe de cumin, une cuillére à soupe de curcuma, une cuillère à café de gingembre, un bâton de cannelle, sel
  • 3 courgettes
  • 6 fonds d'artichaut (en boîte...)
  • 250 gr de pois chiches (en boîte...)
  • 500 gr de couscous moyen ou fin selon goût
  • 1 bouquet de coriandre frais
  • Huile d'olive exclusivement !
Dans un faitout, faire revenir le mouton avec un peu d'huile d'olive, ajouter l'oignon émincé jusqu'à transparence, puis rajouter le poivron coupé en 6, les carottes dans la foulée, faire revenir en touillant de temps en temps.
Pendant ce temps la, faire revenir le poulet dans une poêle à part.
Ceci fait, transférer le poulet dans le faitout, ajouter la boite de tomates en cubes et les épices.
Couvrir largement (4 cm) d'eau bouillante, ajouter les pois chiches, les fonds d'artichaux, les courgettes coupées en 3 (ne pas oublier de rinçer les légumes...).
On peut aussi à ce moment la, rajouter des fruits secs, dattes ou raisins secs ou figues ou abricots secs... (éviter la banane !).
Laisser mijoter, à feu doux, au moins une heure.
Faire bouillir un volume d'eau par volume de semoule, avec une noix de beurre par volume et du sel.
Verser l'eau bouillante sur le couscous et laisser gonfler sans couvrir et sans touiller.
Quand la graine à tout absorbé (15mn) l'égréner avec les doigts.
En fin de cuisson rajouter la coriandre ciselée dans le faitout.
Servir dans un plat creux.

Miam !

mercredi 11 janvier 2012

Le jour où je me suis aimé pour de vrai


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai compris qu'en toutes circonstances,
J’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j'ai pu me relaxer.
Aujourd'hui je sais que cela s'appelle...

l'Estime de soi.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle
N’étaient rien d'autre qu'un signal
Lorsque je vais à l'encontre de mes convictions.
Aujourd'hui je sais que cela s'appelle... 

l'Authenticité.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J'ai cessé de vouloir une vie différente
Et j'ai commencé à voir que tout ce qui m'arrive
Contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle... 

la Maturité.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai commencé à percevoir l'abus
Dans le fait de forcer une situation ou une personne,
Dans le seul but d'obtenir ce que je veux,
Sachant très bien que ni la personne ni moi-même
Ne sommes prêts et que ce n'est pas le moment...
Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle... 

le Respect.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai commencé à me libérer de tout ce qui n'était pas salutaire, personnes,
situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait cela de l'égoïsme.
Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle... 

l'Amour propre.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé d'avoir peur du temps libre
Et j'ai arrêté de faire de grands plans,
J’ai abandonné les méga-projets du futur.
Aujourd'hui, je fais ce qui est correct, ce que j'aime
Quand cela me plait et à mon rythme.
Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle... 

la Simplicité.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de chercher à avoir toujours raison,
Et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd'hui, j'ai découvert ... 

l'Humilité.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de revivre le passé
Et de me préoccuper de l'avenir.
Aujourd'hui, je vis au présent,
Là où toute la vie se passe.
Aujourd'hui, je vis une seule journée à la fois.
Et cela s'appelle... 

la Plénitude.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
Mais si je la mets au service de mon coeur,
Elle devient une alliée très précieuse !
Tout ceci, c'est... 

le Savoir vivre.


Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter. 
Du chaos naissent les étoiles.


Charlie Chaplin.

samedi 5 novembre 2011

Mousse au chocolat de Bertrand

Ingrédients :
200 grammes de chocolat
85 grammes de sucre
165 grammes de beurre
5 œufs

Faire fondre le beurre avec le sucre, faire une mousse blanche
Faire fondre le chocolat à part
Mélanger ensuite le beurre/sucre et le chocolat
Incorporer les jaunes des œufs un à un
Battre les blancs en neige
Incorporer le plus délicatement possible les blancs

Mettre au frais pendant 5/6 heures.

Bonapéti !

mardi 18 octobre 2011

Sous développés ?


Un berger faisait paître tranquillement son troupeau lorsque surgit dans sa BMW un jeune homme en costume Armani, lunettes de soleil. Il baisse sa vitre à commande électrique dans un bruit caractéristique et tient au berger ce langage :

« Bonjour, si je vous dis exactement combien vous avez de moutons dans votre troupeau, est-ce que je pourrais en emporter un ? »

Le berger répond que oui.

Le conducteur de la BMW gare sa voiture, sort de son costume un téléphone portable dernière génération, le branche sur un ordinateur portable et envoie de mystérieuses données par l'intermédiaire de son système GPS de navigation satellite. Pendant que l'ordinateur est à l'ouvrage, il passe quatre coups de fil à son bureau pour dire qu'il n'avait pas pu appeler avant et qu'il ne pourrait plus appeler plus tard. Le travail porte ses fruits : il imprime un rapport de 175 pages sur l'imprimante incorporée dans sa boite à gants.

Puis, en réunissant ces 175 pages, il annonce fièrement : « vous avez 1586 moutons ».

« Exact, répondit le berger. C'est impressionnant. Prenez ce qui a été convenu ».

Le jeune homme se dirige alors vers le troupeau et choisit la bête de son choix.

« Si je vous dis exactement quel métier vous faites dans la vie, pourrais-je garder mon mouton ? »

Très sportivement le jeune homme répond par l'affirmative.

« Vous êtes consultant ! » lance le berger après une nanoseconde de réflexion.

« C'est exact, mais comment avez-vous pu deviner aussi vite ? "

Le berger lui répond alors : « Ce n'est pas une devinette.
Vous êtes entré dans ma propriété sans y avoir été invité,
vous m'avez demandé de vous payer pour une information que je connais déjà,
vous m'avez posé des questions que je ne me suis jamais posées
et vous ne connaissez strictement rien à mon métier.
J'aimerais récupérer mon chien maintenant. »

lundi 29 août 2011

Mais c'est vrai !

Je suis gros…
Je suis con…
Je ne retiens rien…
Je pense qu'au sexe…
Je ne fais attention à rien…
J'impose ma loi…
Je casse tout…
Je pense qu'à moi…
Je suis faux-cul…
Je parle fort…
Je mens…
Je ronfle…
Je ne me trompe jamais…
Je prémédite…
Je suis une brute…
Je dis mais ne fait pas…
Je mate les femmes…
Je ne respecte rien…
Je manipule…
Je gaspille…
Je suis incohérent…
Je suis bruyant…
Je n'écoute rien…
Je profite…
Je bouscule tout…
J'ai toujours raison…
Je suis infidèle…

Mais c'est vrai !

J'avais oublié…

Je suis un homme.

mercredi 25 août 2010

COUPE LA BARBE !

Ma rue…

Né en 1812 à Boulogne, dans le Pas-de-Calais, François Laubeuf arriva jeune à Chatou où il se maria. Entrepreneur, maître charpentier, il participa à ce titre, juste avant sa mort en 1873, à la restauration de l’église Notre Dame de Chatou en partie éventrée par les bombardements prussiens à partir du Mont Valérien.

En 1892, une pétition circula pour que l’on donna son nom à une rue. On y rappelait le rôle qu’il avait joué comme Président de la Commission municipale provisoire pendant le siège de Paris et durant l’occupation de la commune par les armées prussiennes (1870-1871).
Alors que tous les notables de Chatou ont pris refuge dans leurs propriétés parisiennes où le siège s'organise, François Laubeuf, entrepreneur de travaux publics, est désigné par la municipalité sortante pour assurer les affaires de la commune. Pris en otage par les Prussiens qui ont découvert un dépôt d'armes dans l'Eglise abandonnée par le curé Ussel, il doit la vie sauve à l'abbé Borreau, curé de Carrières-Saint-Denis, qui s'interpose, ce dernier ayant prodigué des soins aux blessés y compris à des soldats prussiens.

Son nom fut alors donné à l’ancien chemin Sous-bois, tracé vers 1850, puis élargi et prolongé jusqu’à la route de Montesson. Ce chemin devait son nom à la présence, au nord, du bois Bigot fragment du parc de l’ancienne seigneurie, dont la majeure partie est devenue le parc de la Pièce d’Eau.

lundi 12 avril 2010

Un beau témoignage… À méditer à tête reposée.

Monsieur Le Président,
Merci de lire ce message,
Un p’tit bonheur sur une page,
Une douceur... pour l’Education Nationale.

Je le confie à la toile,
La grande toile du progrès,
Afin qu’il tisse les voiles...
De la solidarité,
Et qu’il rayonne aux ondes...
De l’humanité.

Je suis Professeur des Écoles
Dans un petit village de l’Eure,
Trois cents âmes y demeurent,
Et vingt-six élèves à l’école..
Une classe, dite « unique »,
Mais cinq cours, dits multiples...
Dans cette école une chance,
Un p’tit morceau de bonheur,
Qui s’écrit avec ces trois lettres :
Employée de la Vie Scolaire.. .
Pour l’Education Nationale,
Un p’tit bonheur, c’est pas banal,
Un léger baume sur le coeur
De cette Grande Dame
Un peu... bancale !
Notre bonheur, c’est Géraldine,
En silence elle participe
A la guérison d’la Grande Dame...
Elle est... une Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité,
Et c’est du bonheur... assuré !

Dès le matin, elle s’active,
C’est sur le net qu’elle s’incline
Les courriers, les notes de service,
Toutes les infos de l’inspectrice,
Et celles de l’Académie....
Mes mots notés au brouillon,
Les compte-rendus de réunion,
Tapés, imprimés, photocopiés,
Enveloppés, adressés, timbrés,
Prêts à être distribués...

Encadrés, les derniers dessins des CP,
Affichés, sinon... à quoi bon dessiner ?
Un CM vient montrer son texte sur le musée,
Elle l’aide à le recopier, à taper sur le clavier...
Afin de ne pas gêner, le travail commencé,
Un autre enfant vient finir avec elle l’exercice,
Elle explique et décortique, redonne de l’énergie...

Rangée la bibliothèque,
Notés les livres prêtés,
Elle prépare la maquette,
La une du journal scolaire...
Ah! Notre petit journal
« Magique », ils l’ont appelé
Quel travail de fourmi,
J’y passerai......des nuits ?

Sonne la récréation, une mi-temps pour souffler,
Elle me rejoint, souriante, à la main nos deux cafés,
Quelques chaudes gorgées, entre... deux conflits à régler,
Des solutions à trouver, des mots à reformuler,
Une écorchure à soigner, une blessure à consoler...
Et puis... c’est reparti !

Sur les chemins de la connaissance,
Vaincre ainsi sans cesse l’ignorance,
Avec labeur, effort, sérieux,
S’ouvrir l’esprit, être curieux.
Ne pas oublier l’insouciance,
De tous ces êtres en enfance,
La bonne blague !...
On la mettra dans le journal,
Les bons gags, et les rires, c’est vital !

Dans les pots les peintures sont bien préparées,
Quatre enfants sur un chevalet,
Deux à l’ordi pour recopier,
Les autres en dessin sur papier, ...
Sans elle, jamais... Ce ne serait si bien géré.

Le soir, coup de fil...
C’est Géraldine,
A sa voix, je perçois,
Une blessure qui abîme...
Ecoute, me dit-elle... c’est à pleurer !
Du « Pôle Emploi » j’ai reçu... un imprimé,
Dans quelques semaines, c’est marqué,
Votre contrat est terminé...

Ils me demandent ce que j’ai fait,
Pour trouver un futur emploi..
Sa voix se fêle... «J’ai..un emploi! »
Ils me demandent ce que j’ai fait,
pour me former, pour m’insérer,
Sa voix se gèle.... puis accélère:
« Je... suis formée,depuis trois ans,
j’me sens utile, insérée et c’est varié,
pas bien payé, mais... j’veux rester ! »
Sa voix s’étrangle... c’est à pleurer...

Ils me demandent mes compétences
C’que j’ai acquis, que vais-je répondre ?
Il y a l’espace... d’UNE LIGNE
UNE LIGNE.... mais tu te rends compte !

J’ai honte, honte... il aurait fallu UNE PAGE
Au moins UNE PAGE pour répondre,
J’ai honte, honte... pour notre Grande Dame
Pour ceux qui l’ont créée, l’ont fait évoluer,
Qui a tant appris aux enfants,
Qui a tant encore à leurapprendre..
Et Géraldine ???

On n’ lui dira même pas MERCI
Bien sûr, pas de parachute doré,
Et même pas d’indemnité
Ils lui précisent... Oh!..comme ils disent
D’étudier ses droits... pour... le R.M.I.
Elle a raison... c’est à pleurer...

Alors qu’on demande chaque jour,
A nos élèves de dire « Bonjour »
De dire « Au revoir » et.... « Merci »
De s’ respecter, d’être poli
Comme vous dites, Monsieur Sarkozy...

Que vais-je dire, à la p’tite fille,
Qui l’aut’re jour, près de moi, s’est assise,
Et, tout fièrement, m’a dit :
« Tu sais, Maîtresse, moi, quand j’serai grande,
J’irai au collège, comme mon grand frère,
J’irai au lycée, j’passerai mon bac,
Et je ferai... comme Géraldine! »

Je sursaute... Mon coeur se serre...
C’est à pleurer.

C.Picavet
Professeur des écoles
à l’école des Livres MagiquesSaint-Grégoire du Vièvre (Eure)

En hommage à toutes les Géraldine,
Florence, Sabrina, Laurence, Elodie,
à tous les Philippe, Sébastien,
et bien d’autres qui ont valorisé
mon travail, et participé à la guérison d’la Grande Dame...
qui est encore bien malade...

Je ne crois pas à la peur,
je crois à la force et à la magie des mots,
Et pour garder notre bonheur,
il suffirait de quelque Euros...

Quel patron, quelle entreprise, après trois ans de formation,
Jetterait son salarié, pour prendre un autre, recommencer ?
Quel jardinier, quel paysan, brûlerait sa récolte mûre,
après avoir semé, soigné ?

Je n’ai pas fumé la moquette
Je veux seulement que l’on arrête,
De prendre les gens pour des pions,
Qu’on arrête de tourner en rond !

Torpillé le « Chagrin d’école »
En mille miettes de BONHEUR !
En l’honneur de tous ces p’tits bonheurs..

INONDONS LE NET
les amis, les décideurs, les chômeurs, les travailleurs,
les directeurs, les inspecteurs,employés et professeurs,
députés, ministres,
r’m’istes ou artistes,
chanteurs, compositeurs, rapeurs, slameurs,
radios, journaux, télés,
et à tous ceux qui sont... parents... d’un enfant...
enfin à chaque être humain de ce pays
qui j’espère un jour dans sa vie,
a bénéficié d’un peu de bonheur,
de cette Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité,
dans le giron de la Grande Dame.

P.S : Ironie..... A la rentrée, c’est presque sûr
Notre petite école rurale
Sera dotée d’une Valeur Matérielle Ajoutée,
Des fonds ont été débloqués,
Huit ordinateurs et un tableau interactif
Une « classe numérique »
Nous serons à la pointe du progrès !
Et pour cela, je serai formée !
Mais, qui m’aidera à installer, et à gérer,
sans ValeurHumaine Ajoutée ?

vendredi 12 mars 2010

Labyrinthe lumignons












Notre première intervention "plastique" et poétique
dans cette magnifique vallée



mercredi 9 décembre 2009

Chouchou…














Tout d’abord, il y a cette barbe. Une belle barbe, riche, généreuse. Une barbe unique. Aussi fournie fut-elle, cette barbe ne masqua jamais son sourire. Au contraire, elle l’accompagnait et le rendait plus visible encore. Cette barbe, elle pouvait parfois être touffue, mystérieuse, pleine de replis inaccessibles… et pourtant, elle a toujours été une barbe rassurante. Elle inspirait confiance.

Cette barbe c’était vraiment Claude.

Vous avez connu Papa. Vous l’avez rencontré quelquefois, ou côtoyé longtemps ; vous avez travaillé avec lui, vous avez partagé sa vie. Chacun de vous ici aujourd’hui aurait une histoire, une anecdote à raconter sur un moment ou un échange avec Claude. Et nous dirions tous : “C‘était bien lui”.

C‘était il y a près de trente ans. Papa se rend sur un de ses chantiers quelque part en France. Sur le bord de la route, un autostoppeur. Papa s’arrête, comme souvent. L’homme sort de prison, il y a passé plusieurs années. Un homme qui n’a jamais vu la mer, et qui rêve de la contempler, “pour de vrai”. Ce jour là, papa est bien arrivé à son rendez-vous. Mais auparavant, il avait fait un détour pour qu’un homme qu’il ne connaissait pas et qu’il ne reverrait pas puisse voir l’océan et être heureux, un moment .

Oui, Papa était comme cela. Toujours. Il n’avait pas peur des hommes. Il aimait son prochain, sans à priori. Il allait à la rencontre de tous les hommes. Nous qui sommes ici rassemblés pouvons en témoigner.

Il n’en tirait aucune fierté, n’en parlait pas. Il agissait, tout simplement, à sa façon, c’était pour lui une évidence.

D’où lui venait cet amour inépuisable ? Je ne crois pas que la vie l’ait toujours protégé, au contraire. Il a parfois souffert. Certains ont cru que cette gentillesse était de la faiblesse, ils en ont abusé. Pourtant Papa n’a jamais renoncé. Il n’a jamais cessé d’aimer, de croire en l’autre, de croire que de chaque rencontre pouvait surgir un répit, un moment de bonheur, une espérance, une joie.

Il n’a pas toujours été facile de vivre avec un époux ou un père si généreux pour les autres et pensant dans le même temps si peu à lui. Ses silences nous révélaient qu’il avait des soucis, ou qu’il était dans un monde auquel lui seul avait accès ; et nous n’en saurions pas plus.

Claude a donné sans compter toute sa vie.

Je crois que Papa avait encore beaucoup d’amour à donner.

À son épouse, à ses enfants, ses petits-enfants, à sa famille, à vous qui étiez chaque jour à ses côtés, à vous qui êtes ici aujourd’hui.

Il a aimé sans compter, sans s’économiser.

Il venait d’avoir 64 ans.

Pourtant, cet amour n’est pas mort avec lui. Au contraire. Nous avons été les témoins de cette générosité, de cette inébranlable ouverture aux autres et au monde. Si comme lui nous n’avons pas peur, si comme lui nous aimons sans réserve, alors Papa sera toujours vivant, alors il continuera à vivre un peu en nous.

Mathieu Laubeuf


mercredi 25 novembre 2009

Salut l’artiste !


















Claude est parti dans la nuit de lundi…

Il doit être en train de trinquer à notre santé
au troquet du coin avec des copains.

Salut frérot.